Agence Bipolar - Selma Lepart, une doctorante au sein de bipolar

Selma Lepart a rejoint en janvier 2019 la coopérative illusion&macadam et particulièrement les bureaux de Bipolar Production qu’elle a intégré afin de poursuivre sa thèse en CIFRE; elle est accompagnée par le Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS) du Collège de France, dans l’équipe d’anthropologie de la vie dirigé par son directeur de thèse Perig Pitrou et en laboratoire secondaire, ainsi que par le LIRMM (Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier), au sein du laboratoire IDH (Interactive Digital Humans) avec comme directeur de thèse Philippe Fraisse. Elle a également en encadrante de thèse Dominique Peysson.  

 

 

 

Résumé sujet de thèse :
En s’appuyant sur les derniers développements de la recherche dans des domaines tels que la robotique, les sciences cognitives, la chimie des matériaux, la biologie… serait-il possible de créer – sans la diriger – une œuvre d’art tangible qui évolue dans un espace d’exposition et qui interagisse avec le public en exprimant une forme d’autonomie ? L’autonomie, dans ce contexte, caractérise la capacité de l’œuvre (comprise ici comme un « organisme indépendant ») à se développer dans un écosystème et à trouver des moyens de se maintenir en tant qu’entité agissante sans aide extérieure. Cette possibilité amènerait à s’interroger sur les rapports de l’œuvre à son créateur et à son public et sur la possibilité de définir la vie à travers des caractéristiques relationnelles, et pas seulement biologiques.

L’objectif de ce travail est d’étudier les modèles de créations dans le domaine « Art & Science » et les « dispositifs » qui sont imaginés à travers des collaborations entre artistes, scientifiques et entrepreneurs. Cette investigation s’appuiera sur une enquête ethnographique menée dans le domaine de la création artistique, à travers des entretiens auprès d’artistes engagés dans des pratiques utilisant des savoirs et découvertes scientifiques récentes comme palette de création contemporaine. Selma Lepart se penchera également sur le cas des structures produisant et diffusant ce type d’œuvres qu’elles soient culturelles ou scientifiques.

Parallèlement à cette investigation, elle élaborera un travail de création artistique qui sera réalisé dans les conditions de l’observation participante, afin de produire une étude de cas sur les manières dont on peut chercher à produire des œuvres « vivantes », sans nécessairement s’inscrire dans la démarche du bioart. 

Cette recherche par la pratique permettra de déterminer comment le terreau d’activité que représente l’écosystème de recherche de cette thèse permet l’émergence de cette activité et de ces créations. Cette thèse en Cifre est encadrée et se développe au sein de l’entreprise Illusion et Macadam et de son label Bipolar Production, du LAS le laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France et du LIRMM le laboratoire d’informatique de robotique et de microélectronique de Montpellier. 

La création d’une œuvre autonome, capable d’orienter et de réguler ses actions, d’évoluer dans un espace d’exposition sans que son comportement ait été prédéfini par son créateur reposera sur les principes du biomimétisme, mais également sur des algorithmes génétiques et des réseaux de neurones. Il s’agira d’utiliser les propriétés intrinsèques de la matière comme actionneur et créateur de mouvement, mais aussi comme porteur d’une capacité expressive et émotionnelle dans sa valeur de signalisation d’un état interne. Les matériaux et matières qui seront utilisés pour cette recherche auront pour la plupart une capacité à répondre à des stimuli mécaniques, physiques ou chimiques. Il s’agit généralement de matériaux à l’étude actuellement dans les laboratoires. Ces œuvres auront la faculté de détecter les variations de leur environnement grâce à des capacités d’extéroception. Elles seront également en capacité de connaître leur propre état (proprioception) pour fonctionner de manière autonome face au public et dans leur environnement. Ces deux caractéristiques leur permettront d’« évoluer » d’une manière comparable à celle des systèmes biologiques. Elles seront donc capables d’orienter et de réguler leurs actions, de se mouvoir ou de se transformer dans un espace d’exposition. Enfin, elles utiliseront le principe d’homéostasie qui leur permettra de rester en état d’équilibre. Ces œuvres continueront à « exister » sans la présence du public.